Quand un panache monte au-dessus d'un massif, la question arrive vite : « Les Canadair sont-ils partis ? » Derrière ce mot devenu générique se cachent en réalité plusieurs avions très différents, qui ne se remplissent pas de la même façon, ne larguent pas le même produit et ne répondent pas aux mêmes ordres. Cette page les présente ensemble, pour que vous sachiez ce que vous voyez passer et pourquoi tel appareil vole vers un lac quand un autre file vers un aérodrome.
Nous avons choisi une lecture transversale : à qui appartiennent ces avions, ce que chacun sait faire, comment l'un d'eux est demandé puis engagé, ce que coûte une heure en l'air, et ce qui va changer d'ici 2033. Les fiches détaillées de chaque type viennent ensuite ; ici, tout est mis côte à côte, en précisant pour chaque chiffre d'où il vient.
Qui possède ces avions : l'État, des loueurs, l'armée
Le ciel d'un grand feu réunit des appareils qui n'ont pas le même propriétaire. Le premier est l'État, à travers la Sécurité civile, qui possède en propre 23 avions : douze Canadair, huit Dash 8 et trois King Air, tous rattachés à la base de Nîmes-Garons[1][2]. D'après le Sénat, les Canadair ont été payés environ 20 millions d'euros pièce à l'époque et vaudraient aujourd'hui entre 60 et 64 millions. Les six Dash 8 les plus récents ont coûté 354 millions d'euros au total, soit environ 60 millions par appareil ; les deux plus anciens, achetés d'occasion, 22 millions d'euros l'unité ; et les trois King Air, eux aussi d'occasion, 1,5 million d'euros en moyenne l'unité[2].
Le deuxième propriétaire est privé : des sociétés spécialisées louent leurs avions à l'État le temps d'une saison. En 2023, le marché de quatre Air Tractor, attribué à une société espagnole, a coûté 6,2 millions d'euros pour trois mois, du 15 juin au 15 septembre[2] ; les appareils engagés cet été-là avaient été convoyés depuis l'Australie[13]. Dès 2024, six Air Tractor ont été loués dans le cadre d'un marché pluriannuel, prépositionnés dans le Sud-Ouest de juillet à septembre, et le budget 2025 prévoit 30 millions d'euros de location d'aéronefs, avions et hélicoptères confondus[5]. Pour 2026, le ministère annonce de nouveau six Air Tractor loués[1], qui volent sous l'indicatif « Abel » selon la presse spécialisée[9].
Le troisième est militaire ou étranger : l'A400M appartient au ministère des Armées[7], et les renforts européens restent la propriété de leur pays. En 2022, la France a ainsi reçu deux Canadair italiens, deux grecs et deux Air Tractor Fire Boss suédois[2]. L'Union européenne finance aussi une partie des futurs DHC-515, à hauteur de 98,8 millions d'euros pour deux avions, le reste de la facture demeurant à la charge de l'État[4].
Le tableau ci-dessous, généré depuis notre registre, liste les immatriculations des 23 avions d'État. Vingt d'entre eux portent un nom d'appel repris par des sites de passionnés, Pélican pour les Canadair et Milan pour les Dash 8 ; pour les trois King Air, les numéros Bengale ne sont pas publiés officiellement, et nous laissons donc la colonne vide. Vous y retrouverez ce que la carte affiche quand l'appareil émet sa position.
Immatriculations suivies sur la carte
Le tableau ci-dessous est généré automatiquement depuis le registre nominatif de France Incendie : 23 immatriculations rattachées au rôle « Canadair (bombardier) » ou « Bombardier (Dash-8) » ou « Bengale (coordination aérienne) », opérées par Sécurité civile. C'est avec cette liste que la carte reconnaît un appareil quand il émet en ADS-B. Indicatifs radio : netpompiers.fr (site de passionnés), tables immatriculation et numéro des Canadair et des Dash 8 ; aucune table officielle publiée (17 septembre 2026).
| Immatriculation | Indicatif | Type ICAO | Opérateur | Rôle sur la carte |
|---|---|---|---|---|
| F-ZBFP | Pélican 31 | CL2T | Sécurité civile | Canadair (bombardier) |
| F-ZBFS | Pélican 32 | CL2T | Sécurité civile | Canadair (bombardier) |
| F-ZBFN | Pélican 33 | CL2T | Sécurité civile | Canadair (bombardier) |
| F-ZBFX | Pélican 34 | CL2T | Sécurité civile | Canadair (bombardier) |
| F-ZBFY | Pélican 35 | CL2T | Sécurité civile | Canadair (bombardier) |
| F-ZBFV | Pélican 37 | CL2T | Sécurité civile | Canadair (bombardier) |
| F-ZBFW | Pélican 38 | CL2T | Sécurité civile | Canadair (bombardier) |
| F-ZBEG | Pélican 39 | CL2T | Sécurité civile | Canadair (bombardier) |
| F-ZBEU | Pélican 42 | CL2T | Sécurité civile | Canadair (bombardier) |
| F-ZBME | Pélican 44 | CL2T | Sécurité civile | Canadair (bombardier) |
| F-ZBMF | Pélican 45 | CL2T | Sécurité civile | Canadair (bombardier) |
| F-ZBMG | Pélican 48 | CL2T | Sécurité civile | Canadair (bombardier) |
| F-ZBMC | Milan 73 | DH8D | Sécurité civile | Bombardier (Dash-8) |
| F-ZBMD | Milan 74 | DH8D | Sécurité civile | Bombardier (Dash-8) |
| F-ZBMH | Milan 75 | DH8D | Sécurité civile | Bombardier (Dash-8) |
| F-ZBMI | Milan 76 | DH8D | Sécurité civile | Bombardier (Dash-8) |
| F-ZBMJ | Milan 77 | DH8D | Sécurité civile | Bombardier (Dash-8) |
| F-ZBMK | Milan 78 | DH8D | Sécurité civile | Bombardier (Dash-8) |
| F-ZBML | Milan 79 | DH8D | Sécurité civile | Bombardier (Dash-8) |
| F-ZBMM | Milan 80 | DH8D | Sécurité civile | Bombardier (Dash-8) |
| F-ZBFJ | non renseigné | BE20 | Sécurité civile | Bengale (coordination aérienne) |
| F-ZBFK | non renseigné | BE20 | Sécurité civile | Bengale (coordination aérienne) |
| F-ZBMB | non renseigné | BE20 | Sécurité civile | Bengale (coordination aérienne) |
Une immatriculation absente de cette liste peut tout de même apparaître sur la carte grâce aux règles d'indicatif et de type ; une immatriculation présente peut ne pas voler aujourd'hui. Pour voir ce qui est en l'air maintenant : la carte en direct.
Écoper, larguer du retardant, ou ne rien larguer du tout
La flotte française n'est pas une collection d'appareils interchangeables : chacun a sa spécialité, et c'est leur combinaison qui rend le dispositif souple.
L'amphibie qui écope : le Canadair « Pélican »
Le CL-415 se pose sur l'eau sans s'arrêter : en glissant sur un lac, un étang ou une baie, il remplit ses soutes de 6 000 litres en 12 secondes environ[1]. Il enchaîne ensuite les rotations entre le plan d'eau et le feu tant qu'un point d'écopage existe à proximité. Sa vitesse de projection, 330 km/h, en fait le plus lent des bombardiers d'État[2], mais aucun autre ne recharge aussi vite. Il largue de l'eau, à laquelle peut s'ajouter un retardant à effet court[2].
Le bombardier terrestre au retardant : le Dash 8 « Milan »
Le Dash 8 ne touche jamais l'eau. Il se recharge au sol, sur un pélicandrome, avec 10 000 litres d'eau ou de retardant[2], ce produit coloré en rouge qui marque la végétation là où il tombe[7]. À 650 km/h, il rejoint un feu deux fois plus vite qu'un Canadair et il est le pilier du guet aérien armé, cette patrouille chargée qui attend le départ de feu au-dessus des massifs[2]. Les huit appareils sont multirôles : leur soute se démonte pour emporter des passagers ou du fret. Le Sénat distingue deux séries, deux Q400 MR livrés en 2005 et six MRBET livrés de 2019 à 2023[2].
L'avion qui ne largue rien : le King Air « Bengale »
Le Beechcraft B200 n'emporte pas une goutte d'eau. Il vole au-dessus du chantier pour reconnaître le feu, tenir la liaison radio et coordonner les largages des autres avions[2]. Il participe aussi aux missions de surveillance et de guet aérien armé[2]. C'est le petit bimoteur que l'on voit tourner en rond, plus haut, pendant que les gros appareils descendent larguer.
Le monomoteur loué : l'Air Tractor « Abel »
Dérivé d'un avion d'épandage agricole, l'AT-802F emporte environ 3 100 litres selon son constructeur[10], soit la moitié d'un Canadair, et largue de l'eau ou du retardant. Sa version Fire Boss, montée sur flotteurs, peut écoper comme un amphibie[11]. Six appareils sont loués pour la saison 2026[1] ; au moins l'un d'eux est prépositionné sur la base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac, sous l'indicatif « Abel »[9]. La répartition des autres n'est pas publiée.
Et l'A400M ?
Il n'appartient pas à la Sécurité civile mais à l'armée de l'Air et de l'Espace. Équipé d'un kit amovible, il a largué pour la première fois en conditions réelles 20 tonnes de retardant au-dessus de Lacanau le 25 juillet 2026[7]. Son statut reste celui d'un renfort expérimental, détaillé plus bas.
Un point commun à tous ces avions : ils ne larguent pas de nuit. L'ordre d'opérations national interdit les largages entre le coucher et le lever du soleil[12] ; quand le jour tombe sur un grand feu, la lutte continue sans eux jusqu'au matin.
Le comparatif, critère par critère
Les fiches des constructeurs et des services n'emploient pas les mêmes unités. Nous avons converti les capacités en litres et les vitesses en kilomètres par heure. Pour les trois avions d'État, la vitesse indiquée est la vitesse de projection retenue par la DGSCGC ; pour l'Air Tractor, c'est la vitesse de croisière annoncée par le constructeur, une autre notion ; pour l'A400M, aucune des sources consultées ne la donne dans ce rôle.
| Critère | Canadair CL-415 | Dash 8 Q400 | King Air B200 | Air Tractor AT-802F | A400M Atlas |
|---|---|---|---|---|---|
| Capacité par largage | 6 000 L d'eau[1] | 10 000 L d'eau ou de retardant[2] | aucune[2] | environ 3 100 L[10] | 20 000 L avec le kit[8] |
| Vitesse de déplacement | 330 km/h, projection DGSCGC[2] | 650 km/h, projection DGSCGC[2] | 445 km/h, projection DGSCGC[2] | environ 322 km/h, croisière constructeur[10] | non communiquée pour ce rôle |
| Rechargement | écopage sur plan d'eau, 12 s[1] | au sol, sur pélicandrome[2] | sans objet | au sol, ou écopage pour le Fire Boss[11] | au sol, moins de 10 minutes[8] |
| Base habituelle | Nîmes-Garons[2] | Nîmes-Garons[2] | Nîmes-Garons[2] | au moins un à Bordeaux-Mérignac[9] | Istres pour l'engagement de 2026[7] |
| Nombre en 2026 | 12[1] | 8[1] | 3[1] | 6 loués[1] | 1 en expérimentation[7] |
| Indicatif radio | Pélican + numéro[3] | Milan + numéro[3] | Bengale + numéro | Abel[9] | indicatif militaire |
| Propriétaire | État (Sécurité civile)[2] | État (Sécurité civile)[2] | État (Sécurité civile)[2] | loueur privé, contrat d'État[5] | ministère des Armées[7] |
De l'alerte rouge au largage : qui décide
Un avion bombardier d'eau ne décolle pas parce qu'un habitant, un maire ou même un chef d'agrès le réclame. La chaîne est écrite dans l'ordre d'opérations de chaque département, et l'exemple de la Haute-Loire la résume bien.
- Le centre opérationnel départemental (CODIS) juge, dès la phase initiale, que le niveau de risque, la virulence du feu et les enjeux justifient un appui aérien. Il adresse au centre opérationnel de zone un message « alerte rouge » via le formulaire zonal[3].
- Sur un feu déjà établi, c'est le commandant des opérations de secours qui formule la même demande, toujours en « alerte rouge »[3].
- Pour anticiper une journée dangereuse, le CODIS peut envoyer la veille un message « alerte verte », demande prévisionnelle d'avions pour le lendemain[3].
- Le centre de zone arbitre entre les demandes de ses départements, sous l'autorité du préfet de zone et de son état-major interministériel[2].
Une exception change tout : le guet aérien armé. Les jours de risque élevé, des avions déjà chargés patrouillent au-dessus des secteurs exposés et peuvent être déroutés en quelques minutes sur un départ de feu, sans attendre la demande formelle[2]. Pour la Haute-Loire, un avion parti de Nîmes met une trentaine de minutes ; un appareil en patrouille arrive bien plus tôt[3].
Jusqu'en 2023, la répartition des avions nationaux pendant l'été était décidée par le préfet de la zone Sud, à Marseille, parce que le risque s'y concentrait historiquement. Après les feux de 2022 en Gironde et en Bretagne, le ministère a confié cette « posture aérienne » à l'état-major de la Sécurité civile, via son centre opérationnel (COGIC), pour l'ensemble du territoire[2]. Le COGIC arbitre aussi les demandes de prépositionnement d'appareils dans les zones à risque[2].
Enfin, un largage ne vient pas à bout d'un incendie à lui seul. La doctrine nationale précise que les moyens aériens ne sont pas engagés isolément : leur action doit être prolongée par le travail des équipes au sol[12]. L'avion ralentit le front ; ce sont les pompiers à terre qui l'arrêtent.
Ce déroulé explique pourquoi un avion peut mettre du temps à apparaître au-dessus d'un feu visible de votre fenêtre : il est peut-être déjà engagé ailleurs, ou attendu sur une priorité jugée plus grave par la zone. Si vous voyez un départ de feu, la première action utile reste d'appeler le 18 ou le 112 avec une localisation précise, puis de vous éloigner du feu et de suivre les consignes des secours. Les bons réflexes sont détaillés sur la page que faire face à un feu de forêt.
Ce que coûte et ce que vaut une heure de vol
Le rapport du Sénat de 2023 a publié, d'après la DGSCGC, le coût d'une heure de vol en 2022 : 15 929 euros pour un Canadair, 12 686 euros pour un Dash 8 et 5 288 euros pour un King Air[2]. Le rapport n'en détaille pas la composition. La saison 2022, exceptionnelle, a généré près de 33 millions d'euros de surcoût pour le programme, contre 10 millions anticipés par la Cour des comptes pour une saison intense[2]. Le seul produit retardant a coûté 5,8 millions d'euros cette année-là, le double du budget prévu[2].
| Type | Largages de retardant 2021 | Largages de retardant 2022 | Âge moyen | Disponibilité 2022 | Coût horaire 2022 |
|---|---|---|---|---|---|
| Canadair | 507[2] | 1 626[2] | 25 ans et 4 mois[2] | 89,2 %[2] | 15 929 EUR[2] |
| Dash 8 | 456[2] | 1 335[2] | 22 ans pour les deux Q400 MR, 2 ans et 5 mois pour les six MRBET[2] | 87,9 %[2] | 12 686 EUR[2] |
| King Air | sans objet | sans objet | 38 ans et 6 mois[2] | 95,7 %[2] | 5 288 EUR[2] |
Attention à la lecture des deux premières colonnes : elles ne comptent que les largages de produit retardant (pour les Canadair, surtout du retardant à effet court). Les largages d'eau pure, de très loin les plus nombreux pour un amphibie, n'y figurent pas[2].
Ces sommes prennent tout leur sens face à ce qu'elles évitent. La doctrine d'attaque des feux naissants, à laquelle les avions contribuent en première ligne, permettrait de maîtriser près de 89,5 % des départs de feu[2]. Un largage précoce à près de 16 000 euros de l'heure coûte bien moins qu'un incendie de plusieurs milliers d'hectares, avec ses évacuations, ses maisons perdues et ses semaines de mobilisation.
La disponibilité, elle, s'est dégradée après 2022 : à certaines périodes critiques de l'été 2024, seuls trois Canadair sur douze étaient opérationnels[4]. C'est l'une des raisons qui poussent l'État à louer des Air Tractor et des hélicoptères chaque été, en attendant des avions neufs.
Ce qui change entre 2024 et 2033
Les DHC-515, héritiers du Canadair
La chaîne du CL-415 est fermée depuis longtemps et son successeur, le DHC-515, n'est pas encore sorti d'usine. La France a réservé deux exemplaires en 2024 dans le cadre européen, à 49,4 millions d'euros hors taxe l'unité ; tous frais annexes comptés, la facture approche 91 millions d'euros par avion[4]. Les livraisons sont attendues en mars puis en novembre 2028[4].
Le 4 juin 2026, le ministre de l'Intérieur a doublé la mise en commandant deux appareils supplémentaires sur fonds nationaux[6], pour 209 millions d'euros d'autorisations d'engagement au budget 2026, avec des livraisons fin 2032 et courant 2033[4]. Le contrat ouvre en outre une option sur quatorze avions commandables à l'unité jusqu'au 30 juin 2030[4]. Autrement dit, les Canadair actuels, âgés d'un quart de siècle en 2023, devront tenir encore plusieurs saisons.
L'A400M, un cargo militaire converti en quelques heures
Le kit conçu par Airbus tient dans la soute de l'A400M sans aucune modification de l'avion et peut passer d'un appareil à l'autre de la flotte[8]. Lors des essais de décembre 2023 en Espagne, il a largué 20 000 litres en une seule fois et tracé des lignes de retardant à forte concentration sur plus de 400 mètres ; ses réservoirs se remplissent en moins de 10 minutes avec des pompes standard[8]. En France, le premier largage réel a eu lieu le 25 juillet 2026 : un A400M parti d'Istres a déversé 20 tonnes de retardant au-dessus de Lacanau[7]. Autour de lui, l'armée de l'Air a aussi engagé des drones Reaper depuis Cognac et des hélicoptères Caracal depuis Cazaux[7]. Rien n'indique à ce jour un achat de kits par la Sécurité civile.
Les Air Tractor, du simple renfort à l'habitude
Quatre Air Tractor en 2023[2], six dès 2024[5], six encore en 2026[1] : la location de ces monomoteurs, présentée par le Sénat comme une solution d'attente avant les Canadair neufs[2], s'est installée dans un marché pluriannuel[5]. Leur présence à Bordeaux-Mérignac pendant l'été en fait un renfort régulier du Sud-Ouest[9], une région que le Sénat jugeait en 2023 presque cinq fois moins dotée en pélicandromes que la zone Sud[2]. Le ministère en compte désormais 27 sur tout le territoire[1], contre 22 recensés par les sénateurs[2].
Ce que la carte en direct montre de ces avions
Sur la carte en direct, chaque appareil prend une silhouette colorée selon son type, pas selon ce qu'il est en train de faire, et pivote selon son cap. Les Canadair sont rouges, les Dash 8 jaunes, les Air Tractor orange et les transports militaires comme l'A400M violets. Les hélicoptères sont bleus, ou cyan pour ceux de la Sécurité civile et des secours ; un avion que le code ne sait pas classer, King Air compris, reste gris. Quand plusieurs appareils tournent ensemble sur un même secteur, la carte trace un cercle pointillé cyan : il ne marque pas le point exact du feu, seulement la zone survolée. Les indicatifs radio ressortent souvent tronqués par la transmission ADS-B, « PELICAN3 » ou « BENGA96 » par exemple : l'immatriculation fait foi. Un Air Tractor loué qui n'apparaît pas n'est pas forcément au sol, son transpondeur peut simplement ne pas être capté.
Plusieurs questions restent ouvertes après la saison 2026 : la levée éventuelle de l'option sur quatorze DHC-515, la suite donnée à l'expérimentation de l'A400M, et le maillage des pélicandromes dans le Sud-Ouest, où les avions loués ont pris leurs habitudes. Pour comprendre comment ces appareils travaillent sur un feu, deux manœuvres méritent un détour : la patrouille chargée du guet aérien armé et le va-et-vient de l'écopage. Les hélicoptères, qui obéissent à une autre logique, ont leur propre page.
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Questions fréquentes
Combien d'avions bombardiers d'eau la France aligne-t-elle en 2026 ?
La Sécurité civile possède 12 Canadair CL-415 et 8 Dash 8 Q400 capables de larguer, plus 3 King Air qui coordonnent sans larguer. S'y ajoutent 6 Air Tractor loués pour la saison, dont au moins un stationné à Bordeaux-Mérignac, et un A400M de l'armée de l'Air engagé à titre expérimental depuis juillet 2026. Les renforts européens, comme les Canadair italiens ou grecs, viennent en plus, à la demande.
Pourquoi louer des Air Tractor plutôt qu'acheter d'autres Canadair ?
Parce que le Canadair neuf n'existe plus : son successeur, le DHC-515, ne sera livré à la France qu'à partir de 2028, puis en 2032-2033 pour la seconde paire. En attendant, la location d'un monomoteur d'environ 3 100 litres se met en place en une saison et ne mobilise pas un budget d'acquisition ; aucune comparaison officielle du coût horaire avec un Canadair n'a toutefois été publiée. Le Sénat a chiffré à 6,2 millions d'euros la location de quatre Air Tractor pendant trois mois en 2023.
Un maire ou un habitant peut-il demander l'envoi d'un Canadair ?
Non. La demande part du centre opérationnel départemental des sapeurs-pompiers ou du commandant des opérations de secours, sous la forme d'un message d'alerte rouge adressé au centre opérationnel de zone. Depuis 2023, la répartition des avions nationaux entre les régions est arbitrée par l'état-major de la Sécurité civile pour tout le territoire. Un habitant qui voit un départ de feu appelle le 18 ou le 112 avec une localisation précise, puis se met à l'abri : cet appel est le seul canal qui déclenche les moyens.
Que coûte réellement une heure de Canadair en vol ?
Le rapport du Sénat de 2023 cite, d'après la direction générale de la Sécurité civile, 15 929 euros pour un Canadair, 12 686 euros pour un Dash 8 et 5 288 euros pour un King Air. Ce sont des chiffres 2022 ; le Sénat ne publie pas le détail de ce coût horaire, communiqué tel quel par la DGSCGC, et aucune actualisation officielle n'est parue depuis.
L'A400M va-t-il remplacer les Canadair ?
Rien ne l'indique. L'A400M peut larguer jusqu'à 20 tonnes de retardant en une passe, mais il se recharge au sol en une dizaine de minutes, ne peut pas écoper et appartient à l'armée de l'Air, qui l'utilise avant tout comme avion de transport. Son emploi en 2026 relève d'une expérimentation en appui de la Sécurité civile, pas d'un remplacement de la flotte amphibie.
Pourquoi certains avions ne sont-ils pas reconnus sur la carte en direct ?
La carte identifie un appareil par son immatriculation ou son indicatif transmis en ADS-B. Les avions d'État, immatriculés F-ZB, figurent dans notre registre ; les Air Tractor loués pour une saison, immatriculés à l'étranger, n'y sont pas forcément. Quand leur transmission indique le type d'avion, la carte les classe tout de même en bombardier léger ; sinon ils ressortent en appareil non classé. Leur absence à l'écran ne signifie pas qu'ils sont cloués au sol.