Nous croyons qu'une carte des feux n'a de valeur que si l'on sait exactement d'où viennent ses données. Voici, en toute transparence et source par source, comment la carte France Incendie est fabriquée, à quel rythme elle se met à jour et où sont ses limites.
Ouvrir la carte en direct →France Incendie agrège plusieurs sources publiques et reconnues pour donner, en un seul coup d'œil, une image de la situation des feux de végétation en France. Nous ne produisons aucune donnée d'observation nous-mêmes : nous récupérons, filtrons et représentons sur une carte des informations issues d'agences spatiales, de services météorologiques et de réseaux de surveillance officiels. Cette page détaille chacun de ces ingrédients, sans zone d'ombre.
Principe de départ : nous préférons dire clairement ce que la carte ne peut pas faire plutôt que de laisser croire à une précision qu'elle n'a pas. Les valeurs affichées sont des estimations ou des détections à confirmer, jamais des relevés de terrain certifiés.
Les points rouges et oranges que vous voyez sur la carte proviennent du système FIRMS de la NASA (Fire Information for Resource Management System), qui diffuse publiquement les détections de chaleur repérées depuis l'espace. Concrètement, des satellites embarquant des capteurs infrarouges survolent la France plusieurs fois par jour et signalent chaque endroit où la température de surface est anormalement élevée.
Deux familles de capteurs alimentent ces détections. Le capteur VIIRS, le plus fin, repère les anomalies thermiques sur une zone de l'ordre de 375 mètres de côté. Le capteur MODIS, plus ancien, travaille à une résolution plus grossière, de l'ordre du kilomètre. En combinant les passages de plusieurs satellites, on obtient une couverture qui se rafraîchit, dans de bonnes conditions, à intervalles de quelques heures. Les données sont mises à disposition en quasi temps réel, généralement dans les heures qui suivent le passage du satellite.
Un capteur ne « voit » pas un incendie : il mesure une chaleur. C'est pourquoi nous appliquons un filtrage des faux positifs. Certaines sources de chaleur permanentes, comme les torchères des sites industriels ou des raffineries, ressemblent à un feu vues de l'espace. Nous masquons ces zones connues afin de ne pas afficher un point chaud là où il n'y a jamais eu de feu de forêt. Pour comprendre en détail le fonctionnement de ces satellites, nous avons rédigé une page dédiée : comment les satellites détectent les feux.
Un feu ne se comprend pas sans le vent, qui décide de la direction et de la vitesse de sa propagation. Pour cette couche, nous nous appuyons sur le modèle AROME de Météo-France, un modèle de prévision à haute résolution conçu pour le territoire national. Il fournit une estimation de la direction du vent et de l'intensité des rafales.
Sur la carte, cette information sert à anticiper : savoir vers où un foyer risque de progresser aide à situer les zones potentiellement menacées en aval. Le vent affiché est une prévision de modèle, pas une mesure prise à côté du feu ; il donne une tendance générale plutôt qu'une valeur exacte en un point précis. Nous expliquons comment le vent, la sécheresse et la chaleur se combinent en un niveau de danger sur la page indice de danger météo.
Lorsqu'un incendie dégage un panache de fumée, la qualité de l'air se dégrade parfois loin des flammes. Pour représenter cet aspect, nous nous référons aux données du réseau Atmo, l'ensemble des associations agréées de surveillance de la qualité de l'air en France. La valeur présentée est une estimation destinée à donner un ordre d'idée de l'exposition possible aux particules fines.
Cette estimation ne remplace pas une mesure officielle prise à votre adresse exacte, ni un avis sanitaire. Elle vise surtout à rappeler que la fumée d'un feu, même éloigné, peut concerner les personnes fragiles. Le détail des effets et des bons réflexes se trouve sur la page qualité de l'air et fumées d'incendie.
Pour situer les surfaces déjà parcourues par le feu et replacer un événement dans une perspective plus large, nous utilisons les ressources de Copernicus EFFIS, le système européen d'information sur les feux de forêt. EFFIS agrège des données satellitaires et des analyses à l'échelle du continent, utiles pour l'historique et pour comprendre l'ampleur d'un sinistre passé plutôt que pour suivre un départ minute par minute.
France Incendie n'invente aucune consigne. Toute recommandation de mise en sécurité, d'évacuation ou de restriction d'accès à un massif relève des préfectures et des services de secours, notamment les pompiers. Notre rôle se limite à aider à comprendre une situation ; l'ordre, lui, vient toujours des autorités. En cas de doute, ce sont leurs communiqués et les alertes reçues sur votre téléphone qui font foi.
La carte se rafraîchit automatiquement à mesure que ses sources publient de nouvelles données. Les détections satellites arrivent au fil des passages des satellites, soit plusieurs fenêtres par jour. Les prévisions de vent et les estimations de qualité de l'air suivent le rythme de publication de leurs fournisseurs respectifs. Autrement dit, la carte n'est pas un flux vidéo continu du terrain, mais une mosaïque d'informations rafraîchies à des rythmes différents.
La transparence impose de nommer ce qui peut fausser la lecture de la carte :
Ces limites nous engagent à quelques règles simples, que nous appliquons à chaque couche de données :
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France Incendie est un service d'information. Il ne remplace jamais les consignes des pompiers, de votre préfecture ou d'une alerte FR-Alert reçue sur votre téléphone. Si l'on vous demande d'évacuer, évacuez sans attendre.