Chaque été depuis 2023, une poignée de petits avions jaunes ou blancs à l'allure d'épandeurs agricoles décolle de la base aérienne de Bordeaux-Mérignac pour aller arroser les départs de feu du Sud-Ouest. Ce sont des Air Tractor AT-802, des monomoteurs capables d'emporter un peu plus de 3 000 litres d'eau ou de retardant[1]. La France n'en possède aucun : elle les loue, avec leurs pilotes, à des sociétés australiennes qui font traverser la planète à leurs appareils pendant l'hiver austral[9].
Depuis la saison 2026, ces avions volent sous un indicatif radio nouveau, « Abel », qui vient rejoindre la famille des « Pélican », « Milan » et « Dragon » de la Sécurité civile[6]. Cette fiche explique d'où vient l'appareil, ce qui distingue la version terrestre de la version amphibie Fire Boss, comment fonctionne la location française, ce qu'elle coûte, et lesquels de ces avions notre carte en direct sait reconnaître.
Un avion agricole devenu pompier
L'Air Tractor est né dans le Texas pour épandre des engrais et des produits phytosanitaires sur d'immenses parcelles. Le modèle 802, le plus gros de la gamme, a effectué son premier vol en octobre 1990[14]. Sa recette est simple : une cellule robuste dessinée pour voler très bas et très lentement, une grande trémie placée entre le moteur et le pilote, et une turbine Pratt & Whitney PT6A-67AG de 1 350 chevaux[1].
Ces qualités sont exactement celles qu'on demande à un bombardier d'eau d'attaque initiale. Le constructeur a donc dérivé une version AT-802F, dont la trémie de 820 gallons américains (3 104 litres) est vidée par une trappe à ouverture pilotée par ordinateur, ce qui permet de doser le largage selon le type de végétation et la vitesse du vent[1]. Aux États-Unis, ces avions forment la catégorie des « SEAT », les bombardiers d'eau monomoteurs, que les services forestiers louent à des exploitants privés[3].
Le pilote est seul à bord dans la version AT-802A monoplace ; une version biplace existe, plus lourde de 73 kilos à vide, utilisée pour la formation et, en France, pour embarquer un accompagnateur[1][10]. La masse maximale au décollage atteint 7 257 kg, dont 1 166 litres de carburant, pour une distance franchissable d'environ 1 290 km en croisière économique[1]. En vol de travail, au-dessus d'un feu, l'avion se traîne à 104 à 108 nœuds, soit à peine 200 km/h[1].
Terrestre ou amphibie : AT-802F et Fire Boss
Deux familles d'Air Tractor combattent les feux. La première, l'AT-802F terrestre, se recharge au sol sur une piste équipée de cuves, un pélicandrome, où des sapeurs-pompiers remplissent la trémie d'eau ou de retardant par une bouche de remplissage haut débit. La seconde, appelée Fire Boss, repose sur une paire de flotteurs amphibies Wipline 10000 équipés d'écopes : l'avion touche un lac ou un bras de mer, glisse sur l'eau et remonte sa soute pleine en une quinzaine de secondes[3].
La société américaine Wipaire a lancé ce projet en 2001, obtenu la certification aux États-Unis en 2003, puis en Europe en 2005 et en Australie en 2009 ; la 200e transformation Fire Boss a été livrée en 2025[3]. Les flotteurs pèsent lourd : sur l'eau, la masse maximale tombe à 5 216 kg, contre 7 257 kg au décollage depuis une piste en dur[2]. En contrepartie, le Fire Boss peut ajouter jusqu'à 296 litres de mousse à ses 3 104 litres d'eau, et la turbine peut être remplacée par une PT6A-67F de 1 600 chevaux[2].
- Constructeur
- Air Tractor Inc. (Olney, Texas) ; flotteurs Wipaire (Minnesota) pour le Fire Boss[3]
- Moteur
- Pratt & Whitney PT6A-67AG, 1 350 ch à 1 700 tr/min (option PT6A-67F de 1 600 ch sur Fire Boss)[1][2]
- Soute
- 820 gallons US, soit 3 104 litres, eau ou retardant[1]
- Mousse (Fire Boss)
- jusqu'à 78 gallons US, soit 296 litres, dans les flotteurs[2]
- Masse à vide
- 3 197 kg (monoplace), 3 270 kg (biplace)[1]
- Envergure
- 18,04 m, surface alaire 37,29 m²[1]
- Carburant
- 308 gallons US, soit 1 166 litres[1]
- Vitesse de croisière
- 175 nœuds (environ 320 km/h) à 8 000 pieds[1]
- Vitesse de travail
- 104 à 108 nœuds au-dessus du feu[1]
- Distance de décollage
- environ 610 m à pleine charge sur piste ; 670 m de course d'écopage sur l'eau pour le Fire Boss[1][2]
- Distance franchissable
- environ 1 290 km en croisière économique[1]
| Critère | AT-802F terrestre | AT-802F Fire Boss |
|---|---|---|
| Rechargement | au sol, sur pélicandrome (eau ou retardant) | en écopant sur un plan d'eau, ou au sol[3] |
| Temps de remplissage | quelques minutes, selon les pompes de la base | environ 15 secondes en écopage[3] |
| Masse maximale | 7 257 kg[1] | 7 257 kg sur piste, 5 216 kg sur l'eau[2] |
| Produit largué | eau, retardant ou mouillant | eau écopée, mousse injectée depuis les flotteurs[2] |
| Exemples d'exploitants en Europe | Aerotech et XO Aviation (loués par la France)[5] | Aquarius (Luxembourg), Saab (Suède), Titan (Espagne)[12][13] |
Louer pour l'été : le modèle français des Air Tractor
La Sécurité civile française a longtemps ignoré le bombardier d'eau monomoteur, préférant ses Canadair, ses Dash 8 et les hélicoptères. Le tournant date du printemps 2023, après l'été catastrophique de 2022 en Gironde et dans les Landes. Tous les avions bombardiers d'eau disponibles en Europe étant déjà sous contrat, l'État s'est tourné vers l'hémisphère sud, où la saison des feux se termine quand la nôtre commence[9]. Quatre AT-802A de la société Aerotech, qui en exploitait alors quatorze, ont été affrétés pour l'attaque initiale sur la forêt des Landes[9].
Le dispositif a été reconduit à quatre appareils en 2024, toujours à Mérignac, capables de rejoindre la Dordogne quelques minutes après le décollage[10]. Il est passé à six avions en 2025, fournis par deux exploitants australiens, Aerotech et XO Aviation[5]. Pour 2026, le ministère de l'Intérieur annonce à nouveau six Air Tractor loués, aux côtés de quatre hélicoptères légers et six hélicoptères lourds également affrétés pour la saison[7]. Le Sénat décrit ce marché comme une « location de 6 aéronefs ABE de type Air Tractor », en complément d'un marché d'hélicoptères pouvant aller jusqu'à dix appareils[8].
À bord : un pilote australien et un « traducteur » radio
Une particularité française tient à l'équipage. Les pilotes viennent d'Australie avec leurs avions ; comme la radio des opérations se fait en français, la version biplace emporte, derrière le pilote, un opérateur radio qui traduit les consignes du coordinateur aérien et des chefs de secteur au sol[10]. Les Air Tractor volent presque toujours par deux, ce qui double le volume largué sur un feu naissant et permet à l'un de repartir se recharger pendant que l'autre traite la lisière[10].
Ces avions sont conçus pour l'attaque des feux naissants, avant qu'ils ne dépassent quelques hectares : c'est la logique du guet aérien armé, où des appareils déjà chargés patrouillent les jours de risque élevé. Ils se rechargent en retardant sur n'importe quel pélicandrome équipé, ce qui les rend utiles bien au-delà de la Gironde[6].
Chronique de la saison 2025 à Bordeaux-Mérignac
La base aérienne 106 a publié un bilan précis de la saison 2025, une première pour ce dispositif[4] :
- 25 juin 2025 : arrivée des six Air Tractor AT-802 venus d'Australie sur la BA 106, aux côtés d'un Dash 8 de la Sécurité civile et de l'hélicoptère de reconnaissance Charlie 33 des sapeurs-pompiers, chargé de la reconnaissance et de la coordination[4].
- 1er juillet 2025 : prise d'alerte officielle du détachement[4].
- Août 2025 : les avions travaillent aussi depuis des bases avancées (Carcassonne, Perpignan, Cahors, puis Limoges à partir du 13 août)[5], pendant un été marqué dans le Sud par le feu de l'Aude et des Corbières, qui a parcouru plus de 16 000 hectares[4].
- 3 octobre 2025 : départ du dernier appareil, après 629 mouvements d'aéronefs enregistrés sur la plateforme au cours de la saison[4].
Six immatriculations australiennes ont volé cet été-là selon la revue spécialisée AerialFire : VH-OUM, VH-8FR, VH-ODH et VH-8SM pour Aerotech, VH-8KB et VH-8MP pour XO Aviation[5]. Les deux appareils les plus sollicités y totalisent 67 sorties (VH-8MP) et 66 sorties (VH-8SM)[5]. Les avions envoyés peuvent varier d'une saison à l'autre, au gré des contrats, et ces immatriculations n'apparaissent pas dans le tableau plus bas, qui ne recense que les appareils vérifiés de notre registre.
Le pélicandrome de Mérignac, où ces avions se rechargent, est décrit en détail sur la fiche Base de Nîmes-Garons et pélicandromes. Sa gestion revient au service départemental d'incendie et de secours de la Gironde, qui y accueille aussi Dash 8 et Canadair[17].
« Abel », un indicatif nouveau en 2026
Jusqu'en 2025, les Air Tractor loués n'avaient pas de nom d'appel officiel dans la famille de la Sécurité civile : en radio et sur les sites de suivi du trafic, les sapeurs-pompiers du Lot les présentaient en 2024 sous l'indicatif « Tractor »[18]. En juillet 2026, le site spécialisé Avions légendaires a signalé qu'un AT-802F Fire Boss d'Aerotech, positionné à Mérignac aux côtés d'un Milan, volait désormais sous l'indicatif « Abel »[6]. Aerotech aligne à cette date dix-sept AT-802F, ce qui en fait l'un des plus gros exploitants mondiaux du type[6].
Une information à confirmer
L'indicatif « Abel » repose pour l'instant sur une source unique. Nous ne l'avons pas encore observé nous-mêmes dans les messages ADS-B captés par la carte, et le ministère de l'Intérieur ne l'a pas publié. Si vous l'entendez ou le voyez sur un site de suivi, la page de contact nous permet de le vérifier.
Le choix d'un nom court de deux syllabes suit la logique des autres indicatifs : il évite de confondre à la radio un Air Tractor avec un Canadair « Pélican » ou un Dash 8 « Milan », qui ne larguent ni les mêmes volumes ni de la même façon. Pour comparer ces appareils, la fiche Canadair CL-415 « Pélican » détaille l'écopage et les 6 000 litres du gros amphibie.
Ce que coûte la location
Le budget de l'État ne détaille pas le prix des seuls Air Tractor : ils sont regroupés avec les hélicoptères bombardiers d'eau dans une ligne « location d'aéronefs ». Pour cette ligne, les projets de loi de finances 2025 et 2026 prévoient chacun 30 millions d'euros d'autorisations d'engagement et de crédits de paiement[8]. Le coût des hélicoptères loués avait atteint 17,2 millions d'euros TTC en 2023, année du premier marché, puis 7,5 millions au 31 juillet 2024, un été calme ; l'estimation pour 2025 est de l'ordre de 18,4 millions d'euros TTC[8].
Faut-il acheter plutôt que louer ? La presse régionale a popularisé l'idée qu'un Air Tractor coûterait « 17 fois moins cher » qu'un Canadair, en rapprochant le prix d'un AT-802 terrestre neuf, 2,5 millions d'euros environ, ou d'un Fire Boss, 3,5 à 4 millions, de celui d'un DHC-515, entre 60 et 64 millions d'euros[11]. C'est un ordre de grandeur journalistique, pas un chiffre officiel, et il ne dit rien des coûts d'équipage, d'entretien et de formation. Il rappelle surtout que les deux avions ne font pas le même métier : l'un frappe vite un feu naissant, l'autre traite de grandes lignes de feu avec deux fois plus d'eau à chaque passage[11].
Les Air Tractor européens que la carte connaît
Les avions australiens loués par la France n'émettent souvent ni type ni indicatif exploitable en ADS-B, et les appareils envoyés peuvent différer d'un été à l'autre. Notre registre nominatif ne retient que des appareils vérifiés un par un : il s'agit aujourd'hui de trois flottes européennes de Fire Boss qui peuvent apparaître au-dessus de la France, en renfort ou en transit.
| Exploitant | Pays | Flotte annoncée | Cadre |
|---|---|---|---|
| Aquarius Aerial Firefighting | Luxembourg | 12 Fire Boss acquis sur trois ans à partir de 2024, les trois premiers prêts en mai 2024[12] | filiale de la compagnie cargo Cargolux, créée pour combler le déficit européen de moyens aériens[12] |
| Saab | Suède | 4 Fire Boss basés à Skavsta, près de Nyköping, avec option jusqu'à 6 appareils supplémentaires[13] | contrat avec l'agence suédoise MSB, une partie du service mobilisable par l'Union européenne[13] |
| Titan Aerial Firefighting | Espagne | une quarantaine d'appareils selon la presse spécialisée, dont trois immatriculations vérifiées dans notre registre[16] | exploitant privé qui déploie ses Fire Boss dans six pays, dont l'Espagne, le Portugal et la France[16] |
Ces flottes s'inscrivent dans un mouvement plus large : le constructeur annonçait en mars 2025 une production de 43 bombardiers d'eau pour l'année, dont une commande record de 31 Fire Boss passée en 2023 par son distributeur européen, à livrer jusqu'en 2026[15]. Le cadre dans lequel ces avions peuvent venir aider la France, le mécanisme européen rescEU, est expliqué sur la fiche Renforts européens rescEU. Le tableau ci-dessous, généré depuis le registre, liste immatriculation par immatriculation les appareils que la carte reconnaît.
Immatriculations suivies sur la carte
Le tableau ci-dessous est généré automatiquement depuis le registre nominatif de France Incendie : 16 immatriculations rattachées au rôle « Bombardier d'eau », opérées par Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux), Titan Firefighting (ES), Saab / TGT (SE). C'est avec cette liste que la carte reconnaît un appareil quand il émet en ADS-B.
| Immatriculation | Type ICAO | Opérateur | Rôle sur la carte |
|---|---|---|---|
| LX-AFA | AT8T | Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux) | Bombardier d'eau |
| LX-AFB | AT8T | Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux) | Bombardier d'eau |
| LX-AFC | AT8T | Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux) | Bombardier d'eau |
| LX-AFD | AT8T | Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux) | Bombardier d'eau |
| LX-AFE | AT8T | Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux) | Bombardier d'eau |
| LX-AFF | AT8T | Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux) | Bombardier d'eau |
| LX-AFG | AT8T | Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux) | Bombardier d'eau |
| LX-AFH | AT8T | Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux) | Bombardier d'eau |
| LX-AFI | AT8T | Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux) | Bombardier d'eau |
| LX-AFJ | AT8T | Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux) | Bombardier d'eau |
| LX-AFK | AT8T | Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux) | Bombardier d'eau |
| LX-AFL | AT8T | Aquarius Aerial Firefighting (Cargolux) | Bombardier d'eau |
| EC-NDU | AT8T | Titan Firefighting (ES) | Bombardier d'eau |
| EC-NQC | AT8T | Titan Firefighting (ES) | Bombardier d'eau |
| EC-NRD | AT8T | Titan Firefighting (ES) | Bombardier d'eau |
| SE-MHN | AT8T | Saab / TGT (SE) | Bombardier d'eau |
Une immatriculation absente de cette liste peut tout de même apparaître sur la carte grâce aux règles d'indicatif et de type ; une immatriculation présente peut ne pas voler aujourd'hui. Pour voir ce qui est en l'air maintenant : la carte en direct.
Convoyage depuis l'Australie en 2023
Faire venir un monomoteur d'Adélaïde à Bordeaux n'a rien d'anodin. Le 10 juin 2023, quatre AT-802A d'Aerotech, accompagnés d'un cinquième destiné à la Grèce, ont quitté l'Australie méridionale[9]. La première étape, la traversée du continent australien, a représenté 8 h 45 de vol sans escale à environ 160 nœuds, soit un peu moins de 300 km/h[9]. Le reste du voyage s'est fait par sauts successifs au-dessus de l'Asie et du Moyen-Orient, un périple de plusieurs semaines pour des avions conçus pour tourner au-dessus d'un champ.
Parmi eux figurait un biplace immatriculé VH-ONH, photographié à Bordeaux à l'arrivée[9]. Depuis, les rotations se font chaque année dans les deux sens : les avions repartent en octobre pour la saison australienne, qui commence quand la nôtre s'achève. C'est ce qui rend le modèle possible : un même appareil travaille douze mois sur douze, et son propriétaire amortit un avion que l'État français n'aurait utilisé que trois mois par an.
Sur la carte en direct
Quand un Air Tractor connu du registre émet sa position, la carte l'affiche comme « Bombardier d'eau », avec un avion cyan orienté selon son cap. Les appareils australiens loués par la France, eux, sont détectés surtout par leur indicatif ou par leur type déclaré, quand ils en émettent un ; certains restent donc invisibles. Depuis cette page, un clic vers la carte vous place au-dessus de Bordeaux-Mérignac, point de départ des « Abel » ; les boucles de rechargement entre la base et un feu du Médoc, des Landes ou de la Dordogne s'y lisent comme des allers-retours rapides à basse altitude.
Questions fréquentes
Combien d'Air Tractor la France loue-t-elle en 2026, et à qui appartiennent-ils ?
Le ministère de l'Intérieur annonce six Air Tractor loués pour la saison 2026, le même nombre qu'en 2025, contre quatre en 2023 et 2024. Ils appartiennent à des exploitants privés australiens, Aerotech et XO Aviation en 2025, qui fournissent aussi les pilotes. La Sécurité civile ne possède aucun appareil de ce type en propre.
Pourquoi les avions australiens n'apparaissent-ils pas dans le tableau d'immatriculations de la page ?
Le tableau est généré depuis notre registre, qui ne contient que des immatriculations vérifiées et stables. Les Air Tractor loués peuvent varier d'une saison à l'autre selon les contrats (VH-OUM, VH-8FR, VH-ODH, VH-8SM, VH-8KB et VH-8MP en 2025) et n'émettent pas toujours un type ou un indicatif exploitable en ADS-B. Nous les citons dans le texte, avec leur source, plutôt que de les figer dans le registre.
Un Air Tractor peut-il écoper comme un Canadair ?
Seulement dans sa version Fire Boss, montée sur des flotteurs amphibies Wipline 10000 munis d'écopes : l'avion remplit alors ses 3 104 litres en une quinzaine de secondes sur un lac ou un bras de mer. La version terrestre, qui a longtemps constitué l'essentiel des appareils loués par la France, se recharge au sol sur un pélicandrome. Dans les deux cas, la soute reste deux fois plus petite que celle d'un Canadair.
Que veut dire l'indicatif « Abel » qu'on entend à la radio ?
C'est le nom d'appel attribué en 2026 aux Air Tractor loués par la Sécurité civile, sur le modèle de « Pélican » pour les Canadair et « Milan » pour les Dash 8. L'information vient pour l'instant d'une seule source spécialisée et n'a pas été confirmée par le ministère de l'Intérieur ; en 2024, les sapeurs-pompiers du Lot les désignaient encore sous l'indicatif « Tractor ».
Pourquoi ces avions sont-ils basés à Bordeaux-Mérignac plutôt qu'à Nîmes ?
Parce qu'ils ont été loués, dès 2023, pour l'attaque initiale des feux de la forêt des Landes et du Médoc, après l'été 2022. La base aérienne 106 de Mérignac abrite un pélicandrome géré par le SDIS de la Gironde, où ils se rechargent en eau et en retardant, et d'où ils rejoignent la Dordogne ou les Landes en quelques minutes. En 2025, ils ont aussi opéré depuis des bases avancées comme Carcassonne, Perpignan, Cahors ou Limoges.
Combien coûte la location par rapport à un achat ?
Le budget de l'État regroupe Air Tractor et hélicoptères loués dans une même ligne de 30 millions d'euros par an pour 2025 et 2026, sans détailler la part des avions. À l'achat, la presse régionale évoque 2,5 millions d'euros pour un AT-802 terrestre neuf et 3,5 à 4 millions pour un Fire Boss, chiffres indicatifs qui ne comprennent ni les pilotes, ni l'entretien, ni la formation.