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Glossaire des feux de forêt : tous les termes expliqués

Point chaud, front de feu, saute de feu, débroussaillement, indice forêt-météo, Canadair… Voici, en langage clair, une trentaine de mots que l'on rencontre en suivant un feu de forêt, un bulletin de vigilance ou une carte satellite comme la nôtre.

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Suivre un feu de forêt, lire un communiqué de préfecture ou comprendre une carte satellite demande de décoder un vocabulaire précis, souvent technique. Ce glossaire réunit les termes les plus utiles, expliqués simplement et rangés par ordre alphabétique. Il vous aidera à mieux saisir ce que montre la carte en direct et ce que disent les services de secours.

Ce glossaire a une vocation pédagogique. Les définitions décrivent des notions générales et ne remplacent ni un avis d'expert forestier, ni les consignes des pompiers ou de la préfecture. En cas de danger, appelez le 18 ou le 112.

Le vocabulaire des feux de forêt, de A à Z

A
Anomalie thermique
Une élévation inhabituelle de température repérée à la surface du sol par un capteur satellite. C'est le signal brut que les satellites transmettent : ils ne « voient » pas un incendie mais une source de chaleur anormale, qu'un algorithme interprète ensuite comme un foyer probable. Toute anomalie thermique n'est pas forcément un feu de forêt.
Aléa (feu de forêt)
La probabilité qu'un incendie se déclare et se propage sur un territoire donné, compte tenu de la végétation, du relief, du climat et de l'activité humaine. On distingue l'aléa (le phénomène possible) du risque, qui croise cet aléa avec les enjeux exposés comme les habitations ou les infrastructures.
B
Braise / brandon
Une braise est un fragment de matière encore incandescente. Porté par le vent et les colonnes d'air chaud, il devient un brandon : une particule enflammée qui peut retomber loin du feu et allumer un nouveau départ. Les brandons sont l'un des principaux moteurs de propagation rapide d'un incendie de forêt.
C
Canadair
Nom courant d'un avion bombardier d'eau amphibie, capable d'écoper en vol à la surface d'un lac ou de la mer pour recharger sa soute sans se poser. Utilisé pour freiner la progression d'un feu par largages successifs, il est souvent employé en complément des moyens terrestres. « Canadair » est à l'origine une marque, devenue nom générique.
Colonne de fumée (panache)
La masse de fumée et de gaz chauds qui s'élève au-dessus d'un incendie. Sa hauteur, sa couleur et son inclinaison renseignent sur l'intensité du feu et sur le vent. Une colonne qui s'effondre sur elle-même peut provoquer des rafales descendantes dangereuses et imprévisibles pour les personnes au sol.
Coupe-feu
Une bande de terrain volontairement dégagée de végétation, ou peu combustible, destinée à ralentir ou arrêter la progression d'un feu. Elle prive les flammes de matière à brûler et offre un appui aux équipes de lutte. Une route large, une piste ou un cours d'eau peuvent jouer ce rôle.
D
Débroussaillement
L'opération qui consiste à réduire la végétation combustible autour des constructions et le long des voies d'accès. En diminuant la quantité de matière inflammable, le débroussaillement limite l'intensité d'un feu qui approche et protège à la fois les habitations et les personnes qui interviennent. Il est encadré par des obligations légales dans les zones exposées.
Départ de feu (mise à feu)
L'instant et le point où un incendie prend naissance. La grande majorité des départs de feu sont d'origine humaine, accidentelle ou volontaire : mégot, barbecue, travaux, ligne électrique, imprudence. Identifier le point de départ aide ensuite à comprendre comment le feu s'est propagé.
F
Feu de forêt
Un incendie qui parcourt une surface boisée d'une certaine étendue, par convention souvent à partir d'un hectare. Le terme désigne un feu échappant à tout contrôle et se propageant sur de la végétation forestière. On le distingue du feu de végétation, notion plus large.
Feu de végétation
Terme générique couvrant tous les feux d'espaces naturels : forêts, mais aussi landes, garrigues, maquis, champs, herbes sèches ou bords de route. Un feu de végétation peut rester modeste ou se transformer en feu de forêt s'il atteint un massif boisé.
Feu de surface
Un feu qui se propage au niveau du sol, en consumant l'herbe, les broussailles, la litière et les petits arbustes. C'est la forme la plus fréquente. Maîtrisable tant qu'il reste au sol, il peut s'aggraver s'il gagne les cimes ou s'enfonce dans le sol.
Feu de cime
Un feu qui progresse dans la partie haute des arbres, en passant de couronne en couronne. Poussé par le vent, il avance vite, dégage une forte chaleur et projette de nombreux brandons. Particulièrement difficile à combattre, il est typique des forêts denses de résineux.
Feu de sol (feu couvant)
Un feu qui brûle lentement sous la surface, dans les racines, la tourbe ou l'humus accumulé. Peu visible, sans flammes apparentes, il peut couver plusieurs jours et resurgir à distance. C'est une cause fréquente de reprise après un incendie que l'on croyait éteint.
FIRMS
Système d'information de la NASA (Fire Information for Resource Management System) qui diffuse publiquement les détections de feux repérées par satellite, partout dans le monde et presque en continu. C'est l'une des sources qui alimentent notre carte. FIRMS fournit la position et l'intensité des anomalies thermiques, pas le contour précis d'un incendie.
Foyer
Le lieu où le feu brûle activement. Un même incendie peut compter plusieurs foyers simultanés, notamment quand des brandons allument des départs secondaires en avant du feu principal. Sur une carte satellite, chaque point détecté correspond à une zone où un foyer est probable.
Front de feu
La ligne où l'incendie progresse le plus vite et brûle avec le plus d'intensité, généralement dans le sens du vent ou de la pente. C'est la partie la plus dangereuse et la plus difficile à approcher. Les équipes de lutte cherchent souvent à agir sur les flancs plutôt que d'affronter le front de face.
H
Hélicoptère bombardier d'eau (HBE)
Un hélicoptère équipé d'une soute ou d'un seau suspendu pour larguer de l'eau sur un feu. Il complète les avions par sa précision et sa capacité à se ravitailler sur de petits plans d'eau proches. Certains modèles servent aussi au transport de personnels et à la reconnaissance aérienne.
I
Incendie
Un feu qui échappe au contrôle et cause des dommages. Dans le contexte des espaces naturels, « incendie » et « feu de forêt » sont souvent employés comme synonymes, même si un incendie peut aussi toucher des bâtiments ou des installations.
Indice forêt-météo (IFM)
Un indicateur chiffré qui estime le danger d'incendie à partir de paramètres météorologiques : température, humidité de l'air, vent et pluie récente. Plus l'indice est élevé, plus une éventuelle mise à feu risque de se propager rapidement. Il aide les autorités à décider des mesures de prévention, comme la fermeture de massifs.
M
Massif forestier
Un ensemble boisé étendu et d'un seul tenant, formant une unité géographique. Les massifs sont l'échelle habituelle de gestion du risque : c'est par massif que sont organisées la surveillance, la prévention et, le cas échéant, les restrictions d'accès en période de forte chaleur.
MODIS
Un instrument d'observation embarqué sur les satellites Terra et Aqua de la NASA, longtemps pilier de la détection des feux depuis l'espace. Sa résolution est plus grossière que celle des capteurs plus récents, mais il a fourni des données précieuses et cohérentes sur de nombreuses années.
O
OLD (obligations légales de débroussaillement)
L'ensemble des règles imposant de débroussailler autour des habitations et des voies dans les secteurs exposés au feu. Les OLD précisent la zone à traiter et à quelle distance. Elles relèvent de la responsabilité du propriétaire et visent à protéger les biens, les personnes et à faciliter l'intervention des secours.
P
Pélican
Nom d'usage donné en France aux avions bombardiers d'eau de la Sécurité civile, notamment aux appareils de type Canadair, dont l'indicatif radio est « Pélican ». Entendre parler d'un « Pélican » sur une zone d'incendie signifie qu'un avion écopeur est engagé sur le sinistre.
PM2.5
Les particules fines dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, assez petites pour pénétrer profondément dans les voies respiratoires. La fumée des feux de forêt en contient beaucoup, ce qui explique la surveillance de la qualité de l'air lors d'un incendie. Les personnes fragiles y sont particulièrement sensibles.
Point chaud
Terme employé pour désigner un pixel où un satellite a détecté une chaleur anormale, souvent représenté par un point sur une carte. Un point chaud signale un foyer probable, mais il faut le confirmer : il peut correspondre à un feu réel, à un brûlage autorisé ou, plus rarement, à une fausse détection industrielle.
Propagation
La façon dont un feu s'étend dans l'espace et dans le temps. Elle dépend du vent, de la pente, de la sécheresse et du type de végétation. Comprendre la propagation attendue permet d'anticiper les zones menacées et d'orienter à la fois la lutte et les décisions d'évacuation.
R
Réhabilitation post-incendie
L'ensemble des actions menées après un feu pour stabiliser les sols, limiter l'érosion et accompagner le retour de la végétation. Elle peut inclure la mise en sécurité des arbres fragilisés, la lutte contre le ruissellement et un suivi de la reprise naturelle, parfois sur plusieurs années.
Reprise de feu
Le redémarrage d'un incendie que l'on croyait maîtrisé, à partir de braises enfouies, de souches encore chaudes ou d'un feu de sol resté actif. Les reprises expliquent pourquoi les équipes surveillent longtemps une zone après l'extinction visible des flammes, en « noyant » les points chauds résiduels.
Retardant
Un produit largué par avion, souvent teinté de rouge pour repérer les zones traitées, qui ralentit la combustion de la végétation. Déposé en avant du feu, il crée une barrière temporaire donnant du temps aux équipes au sol. À la différence de l'eau, il continue d'agir après séchage.
S
Saute de feu
Un nouveau départ qui s'allume en avant du front, lorsque des brandons transportés par le vent franchissent un obstacle, une route ou une zone déjà brûlée. Les sautes de feu peuvent surgir à des centaines de mètres, voire davantage, et prendre les secours à revers. Elles rendent la progression d'un incendie difficile à prévoir.
Sécheresse
Un déficit prolongé de pluie et d'humidité qui assèche les sols et la végétation. Une plante pauvre en eau s'enflamme plus vite et brûle plus intensément. La sécheresse est l'un des grands facteurs aggravants du risque d'incendie, mesuré en partie par les indices forêt-météo.
T
Torchère (fausse détection industrielle)
Une flamme permanente au sommet d'une installation industrielle, comme une raffinerie, qui brûle des gaz en continu. Vue depuis l'espace, sa chaleur ressemble à celle d'un feu et peut générer un point chaud persistant. Les cartes sérieuses filtrent ces sources fixes pour éviter de signaler à tort un incendie.
V
Vigilance feux de forêt
Un dispositif d'information qui indique, par niveaux et souvent par couleurs, le degré de danger d'incendie prévu sur un territoire pour la journée. Il invite chacun à adapter son comportement, jusqu'à interdire l'accès à certains massifs quand le danger est très élevé. Un niveau élevé ne signifie pas qu'un feu est en cours, mais que les conditions y sont favorables.
VIIRS
Un instrument satellite (Visible Infrared Imaging Radiometer Suite) embarqué notamment sur les satellites Suomi-NPP et NOAA, qui détecte les anomalies thermiques avec une résolution plus fine que MODIS. C'est aujourd'hui l'une des principales sources des points affichés sur notre carte, avec une zone détectée d'environ 375 mètres.
Z
Zone d'appui
Un espace sur lequel les équipes de lutte peuvent s'adosser pour arrêter un feu : route, cours d'eau, coupe-feu, parcelle déjà brûlée ou terrain dégagé. En s'appuyant sur ces limites naturelles ou aménagées, les secours économisent leurs moyens et sécurisent une ligne d'arrêt.

En cas d'urgence, appelez

18 · 112

Ce glossaire est un outil pédagogique. Il ne remplace jamais les consignes des pompiers, de votre préfecture ou d'une alerte FR-Alert reçue sur votre téléphone. Si l'on vous demande d'évacuer, évacuez sans attendre.

Comprendre la carte satellite

Plusieurs de ces termes reviennent en permanence sur notre carte : chaque point chaud est une anomalie thermique repérée par un capteur VIIRS ou MODIS et diffusée par FIRMS. Comme un satellite ne survole une même zone que quelques fois par jour, une détection peut avoir plusieurs heures de retard : c'est pourquoi la carte est faite pour comprendre une situation et se préparer, jamais pour se substituer aux secours.

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