La carte rassemble en un seul écran des données qui n'ont ni la même origine, ni la même fraîcheur, ni la même fiabilité. Voici, marqueur par marqueur, ce qu'elle montre, d'où cela vient, et ce qu'il faut en faire.
Ouvrir la carte en direct →Une carte d'incendies se lit comme un tableau de bord : chaque symbole répond à une question précise, et chaque question a sa source. Une flamme dit « un feu a été déclaré ici » ; un point orange dit « un satellite a vu de la chaleur ici il y a quelques heures » ; une flèche dit « le vent pousse dans cette direction » ; un petit avion dit « un bombardier d'eau tourne là, en ce moment ». Ce sont quatre informations différentes, et les confondre conduit à des conclusions fausses. Cette page est le mode d'emploi que nous aurions aimé trouver quand nous avons construit la carte.
Une flamme représente un feu de végétation dont l'existence est établie par une source humaine : un communiqué de préfecture, un article de presse régionale, une fiche d'association spécialisée, un témoin dont le signalement a été relu. La règle est simple : un événement, une flamme. Quand un feu est repéré à la fois par la presse et par le satellite, les deux informations sont fusionnées sur le même marqueur plutôt que d'afficher deux feux côte à côte.
La couleur et le libellé de la flamme donnent le statut, c'est-à-dire l'état du feu tel que l'ont décrit les autorités ou la presse. Ces termes ont un sens précis chez les sapeurs-pompiers :
| Statut | Ce que cela veut dire |
|---|---|
| En cours | Le feu progresse, ou du moins rien n'indique qu'il soit contenu. Avec « circonscrit », c'est le seul statut qui déclenche une alerte de proximité sur les communes voisines. |
| Circonscrit | Les pompiers ont établi une ligne tout autour du feu : il ne gagne plus de terrain, mais il brûle encore à l'intérieur de ce périmètre. |
| Fixé | Le feu ne progresse plus et les lisières sont traitées. Des reprises restent possibles, surtout par vent fort ; c'est pourquoi les moyens restent sur place. |
| Maîtrisé | Plus aucune propagation n'est possible dans les conditions du moment. Le travail devient une surveillance et un noyage des points chauds. |
| Éteint | Plus aucune combustion. La flamme reste affichée quelques jours, en gris, puis quitte la carte. |
Deux mentions complètent parfois le statut. « Non confirmé » signale un feu qui ne tient qu'à un article de presse, sans seconde source : nous l'affichons, parce qu'un départ de feu mérite d'être vu tôt, mais nous le disons. « Dernier statut connu » signale qu'aucune source ne s'est exprimée depuis plusieurs heures : le statut affiché est une photographie datée, pas une certitude sur l'instant. Un feu « en cours » dont plus personne ne parle passe de lui-même en « fixé », parce que c'est l'affirmation la plus prudente que le silence autorise ; nous n'affirmons jamais une extinction que personne n'a annoncée.
Un communiqué dit « feu à Opoul-Périllos », rarement « feu au lieu-dit tel, à 2 km au nord du village ». Par défaut, la flamme est donc posée sur la commune. Dès qu'une mesure existe, elle prend le dessus : un point chaud satellite du même jour, la zone où les bombardiers ont largué, ou un témoin relu. Quand vous voyez une flamme au milieu d'un village, c'est presque toujours que nous n'avons encore aucune mesure plus fine ; la vraie zone brûlée est en général la garrigue ou la forêt voisine.
Les grandes flammes grises sont des repères historiques : les feux de plus de 1 000 hectares restent sur la carte après leur extinction, parce qu'ils font partie de la mémoire du territoire et que la zone brûlée y reste un point de vigilance pendant des mois.
Les points orange et rouges viennent des instruments VIIRS et MODIS des satellites de la NASA, via le service FIRMS. Ces instruments ne « voient » pas les flammes : ils mesurent une anomalie thermique au sol, avec sa puissance rayonnée en mégawatts (MW). Un brûlage agricole donne quelques mégawatts ; un feu de forêt en développement en donne des dizaines, parfois des centaines par pixel.
Le sélecteur « 24 h / 48 h » choisit la profondeur d'affichage des détections. À 48 heures, vous verrez la trace des feux de la veille ; à 24 heures, une image plus proche de l'instant.
La flèche de vent indique la direction vers laquelle il souffle, à l'endroit du feu, d'après le modèle AROME de Météo-France, actualisé chaque heure. C'est le paramètre qui décide de presque tout : un feu poussé par un vent de 40 km/h peut parcourir plusieurs kilomètres en une heure dans une végétation sèche.
Les cônes affichés en choisissant « +2 h », « +4 h » et jusqu'à « +12 h » sont une projection simplifiée : ils appliquent la vitesse du vent prévue à un facteur de propagation moyen. Ils ne tiennent compte ni du relief, ni du combustible réel, ni de l'action des pompiers. Leur seul rôle est de répondre à la question « dans quelle direction, et à quelle échelle de distance, faut-il regarder ? ». Plus l'échéance est lointaine, plus le cône s'élargit, ce qui traduit honnêtement l'incertitude.
Les aéronefs proviennent des réseaux publics de réception ADS-B, alimentés par des milliers de récepteurs bénévoles. Chaque appareil émet sa position, son altitude et sa vitesse ; nous ne gardons sur la carte que les moyens de lutte et de secours identifiés, avec une icône par famille :
Quand un bombardier enchaîne des passages bas au même endroit, la carte le signale par un badge « intervention en cours ». C'est un indice fort : personne ne largue du retardant sans raison. Depuis septembre 2026, ces boucles servent aussi à repérer un feu dont personne n'a encore parlé. Deux réserves : la couverture ADS-B a des trous, surtout en montagne et à basse altitude, où un appareil peut disparaître plusieurs minutes ; et les appareils ne diffusent pas leur mission, nous ne faisons que décrire ce que leur trajectoire montre.
L'onglet « Villes » liste les communes situées sous le vent d'un feu. Pour chacune, le délai affiché est une estimation du temps qu'il faudrait au feu pour l'atteindre, calculée comme une distance divisée par une vitesse de propagation déduite du vent. Une commune « en proximité immédiate » est simplement à moins de quelques kilomètres d'un feu en cours, même hors de la trajectoire du moment, parce que le vent tourne. Les communes « sous le panache » ne sont pas menacées par les flammes mais par la fumée.
La carte ne connaît pas les ordres d'évacuation. Une commune listée peut déjà être évacuée, ou ne jamais l'être. Les seules consignes qui comptent viennent de la préfecture, de la mairie, de FR-Alert sur votre téléphone et des pompiers sur place. En cas de doute, appelez le 18 ou le 112. Nous détaillons la conduite à tenir dans Ordre d'évacuation : que faire, minute par minute.
Toute personne peut signaler un départ de feu ou déposer une photo. Chaque contribution est relue avant publication, pour écarter les erreurs de bonne foi et les plaisanteries de mauvais goût. Une photo n'apparaît sous la fiche d'un feu que si elle a été prise près de lui et pendant sa vie, et jamais sous le feu voisin. La position publique d'un témoin est arrondie à un kilomètre environ : on situe la photo, on ne désigne pas une maison. L'onglet « Entraide » rassemble les témoignages et les points de collecte ou d'accueil que la presse et les mairies annoncent.
| Donnée | Cadence | Retard typique |
|---|---|---|
| Points chauds satellite | 2 à 4 passages par jour | 2 à 3 heures |
| Statuts presse et préfectures | relecture toutes les 15 minutes | quelques minutes après la publication de la source |
| Avions et hélicoptères | toutes les quelques secondes | moins d'une minute, sauf trou de couverture |
| Vent et météo (AROME) | chaque heure | prévision, pas une mesure au sol |
| Qualité de l'air | chaque heure | indice modélisé, complété par les stations Atmo |
L'heure indiquée en haut de l'écran (« MàJ ») est celle du dernier rafraîchissement de l'ensemble. Chaque fiche de feu porte en plus la date de sa dernière preuve : c'est elle qui compte pour juger de l'actualité d'un statut.